Archive | octobre 2008

Le débat Chomsky-Piaget sur la question de l’acquisition du langage par l’enfant: quels sont ses aboutissements philosophiques ?

27 octobre 2008

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Contre Quine, Chomsky rejette la thèse qui considère le langage et son acquisition comme les produits d’un apprentissage au sens behavioriste du terme. Fort de sa théorie de la grammaire générative qui a marqué un tournant décisif dans le domaine de la linguistique, Chomsky défend, contre Piaget, le caractère inné d’une telle acquisition par l’enfant qi advient au coeur de sa conception cognitiviste. Pour sa part, Piaget soutient ce que nous pouvons appeler une conception constructiviste en psycholinguistique, où il s’agit de se positionner entre le behaviorisme de Quine et l’innéisme de Chomsky. Ce débat Chomsky-Piaget est riche de significations philosophiques, et ouvre sur des questions fondamentales concernant les rapports entre langage, esprit, intelligence, connaissance, etc. Ce débat a bien eu lieu lors d’une rencontre historique en 1975 entre Chomsky et Piaget à Royaumont (France).

En vérité, Quine-Chomsky-Piaget, incarnent trois axes selon lesquels nous pouvons aborder la question du langage et la nature de ses rapports à la pensée. L’axe logique, linguistique, et psychologique. Chez Quine, il y a une prééminence du logique sur les deux autres, mais la solution qu’il donne n’est pas strictement logique. Elle s’insére dans le cadre général de la philosophie de Quine que nous pouvons définir comme étant en définitive un type de rationalité pragmatique. Bien que la description quinéenne de la nature publique du langage et de son acquisition par l’enfant soit au service d’une approche du langage qui vise à en extraire une structure propice à une notation canonique dans laquelle nous pouvons exprimer nos théories scientifiques, l’approche de Quine est philosophique. Les réponses qu’il donne s’inspirent de ses choix philosophiques avant tout.

 

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Thème de la semaine: Caveing, les mathématiques comme activité qui dévoile l’essence de l’objet mathématique ou comment l’objet mathématique impose ses lois !

26 octobre 2008

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Il s’agit cette semaine de discuter le point de vue de Maurice Caveing, publié dans Bulletin de la société française de philosophie, Juin-avril 1979, p.56 :

Aussi bien n’ai-je pas dit…que l’activité mathématique est ce qui dévoile l’essence des objets mathématiques, mais bien qu’au cours de cette activité cette essence se dévoile, et j’ai essayé d’analyser comment cela se passe. Ma conviction résulte d’une pratique personnelle des calculs…J’ai été extrêmement frappé, en étudiant les textes orientaux dans le détail, en refaisant les calculs, en redécouvrant les procédures et en essayant d’en saisir, si possible, la logique cachée, en voyant comment les choses, finalement, s’enchaînaient, de cette prégnance de l’objet mathématique, qui est là et qui impose ses lois, même quand le calculateur n’en sait rien.

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Le débat Chomsky-Quine sur la nature du langage est-il toujours d’actualité ?

24 octobre 2008

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Quelle est la relation entre le langage et la réalité psychologique ?

Par opposition à Chomsky qui dans Rules and Representations publié en 1980 nous livre une brillante défense du concept de réalité psychologique du langage, Quine n’a cessé tout au long de sa longue carrière (1908-2000) de plaider de façon systématique et cohérente, pour une conception à la fois behavioriste et naturaliste du comportement langagier loin de tout mentalisme qui contredirait la prééminence du modèle physicaliste chez lui.

 » When, écrit Quine dans Ontological relativity, a naturalistic philosopher adresses himself to the philosophy of mind, he is apt to talk of language. Meanings are, first and formost, meaning of langage. Language is a social art which we all acquire on the evidence solely of other  people’s overt behavior under publicly recognizable circumstances. Meanings, therefore, those very models of mental entities, end up as frist for the behaviorist’s mill. Dewey wa explicit on this point: ‘ Meaning..is not a psychic existence; it is primarily a property of behavior ».

Références et liens utiles au sujet du débat Chomsky-Quine:

Elliot Sober:  » Language and psychological reality: some reflections on Chomsky’s Rules and representations »

Revue Linguistics and Philosophy 3 (1980), 395-405.

  

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The Ideas of Quine : section (1)

22 octobre 2008

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Bryan Magee : If we took a poll among professional teachers of philosophy on the question ‘Who is the most important living philosopher?’ it is not all obvious to me who would get the most votes. But we could predict with confidence that certain names would be in the top half dozen: Quine, popper, Jean-Paul sartre, Chomsky probably (though strictly speaking he is not exactly a philosopher). the first of those names is that of W.v.O.Quine, a Professor of Philosophy at Harvard – who has been decsribed by stuart Hampshire, for example, as ‘the most distinguished living systematic philosopher’. He was born in 1908, and is still highly productive; so hehas had a long carreer, and it is by no means over yet. He has published innumerable articles, and more than a dozen books, the best known of which are From a logical point of view (1953) and word and object (1960). First and formost he is a logician. The original contributions to logic wich made from him famous are the most part highly technical, and not really accesible to the layman, though they always had their ultimate roots in problems fundamental to philosophy. However, in the latter part of his career ha has become more overtly interested in philosophy in a more general sense. I thought it would be uniquely valuable in this series od dialogues to have a philosopher at the very summit of world reputation talking about the very basics of philosophy, and of his own activity.

Bryan Magee : What du u regard as the central tas, or tasks, of philosophy ?

Quine: I think of philosophy as concerned with our knowledge of the world and the nature of the world. I think of philosophy as attempting tou round out ‘the system of the world’, as Newton put it. There have been philosophers who thought of philosophy as somehow separate from science, and as providing a firm basis on which to build science, but this I consider and empty dream. Much of science is firmer than philosophy is, or can ever perhaps aspire to be. I think of philosophy as contnious with science, even as a part of science.

Magee: Well, if it’s continuous with science, and even part of science, does it differ from teh rest of science ?

Quine: Philosophy lies at the abstract and theoretical end of science. science, in the broadest sense, is a continuum that stretches from history and engineering at one extreme to philosophy and pure mathematics at the other. Philosophy is abstract through being very general. A phisicist will tell us about causal connections between events of certain sorts; a biologist will tell us about causal connections between evensts and other sorts; but the philosopher ask about causal connections in general- what is for one event to cause another ? or again a phisicist or zoologist will tell us that there are electrons, that there wombats; a mthematician will tell us that there are no end of prime numbers; but the philosopher wants to know, in more general terms, what sort of things there are altogether. Philosophy seeks the broad outlines of the whole system of the world.

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Thème de la semaine : Que pensez-vous de l’idéalisme transcendantal comme alternative au platonisme mathématique !

19 octobre 2008

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Il s’agit cette semaine de discuter ce point de vue de Frédéric Patras dans son excellent livre La pensée mathématique contemporaine (PUF, Paris 2001) :

 » Le platonisme de façade affiché par toute une partie de la communauté mathématique n’est décidément pas satisfaisant. Ses choix fondamentaux sont valables, et il est probablement impossible de penser sérieusement les mathématiques en dehors d’un certain idéalisme. Mais les contours de cet idéalisme doivent impérativement être précisés. L’idéalisme transcendantal husserlien semble bien être la voie à suivre pour réconcilier aujourd’hui la pensée mathématique avec ses origines intuitives. » (p. 56)

 

 

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Tunis 27-29 November : An International Colloquium in honor of the great french contemporary Philosopher, Mme Angèle Kremer-Marietti.

17 octobre 2008

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Angèle Kremer-Marietti is one of the famous contemporary french philosophers. She is President of the Group : Studies and Researchs in Epistemology. Since her first work under the direction of her Professor Gaston Bachelard, she didn’t stop publishing in different areas of Philosophy. Through the richness of her work, she is showing us, better than anyone else, that philosophy has no special domain, no local features, and that its geniuin domain is a critical and a rational speculation about sciences, mathematics, natural languages, sociology, politcs, as well as History, poetry, arts and literature. She is  teaching us that the real and unique domain of modern philosophy is human intelligent creativity  in its  historicity as well as in its infinite universal and humanistic aspects.

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جون ديودنيه وطبيعة البعد التجريدي في الرياضيات

16 octobre 2008

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 في مقال شهير تحت عنوان : التجريد والحدس الرياضي، لخّص جون ديودنيه زبدة تفكيره الفلسفي في الرياضيات . ليس من الصعب علينا ان نفهم ان القضية الجوهرية في فلسفة الرياضيات هي فهم وتفسير طبيعة التجريد وعلاقته بالحدس الرياضي. عن هذه المسأليّة الاساسية تتفرع عدة قضايا جد هامة منها على سبيل الذكر لا الحصر قضية علاقة الرياضيات بالمنطق. في هاته المقالة يعطي ديودنيه اهمية قصوى للخيال في العمل الرياضي الى درجة انه يحد من ضرورة استعمال الاساليب المنطقية في انجاز هذا العمل. يقول : المنطق هو اداة لا غنى عنها و مقلقة في ان واحد بالنسبة لعالم الرياضيات. نعلم جيدا كيف ان الرياضيين لا يحبذونها بصورة عامة. يجب حسن استعمال هاته الاداة لانها تسهل التحقق من البرهنة ومسايرتها وليس إنجازها

احدى خصوصيات تفكيره الفلسفي في الرياضيات هو معارضته للتيار التجريبي الذي يرى في التجربة الحسية المصدرالرئيسي الذي تنحدرمنه المفاهيم والموضوعات الرياضية. لا احد ينكر ان مصدر المفاهيم الاساسية في الرياضيات مثل الاعداد والفضاء الهندسي يكمن في التجربة وفي علاقتنا بالاشياء الخارجية من حولنا ولكن يجب ان نفهم العمل الرياضي مثلما فهمه بوانكريه من قبل اي على اساس انه قائم على اختيارات اعتباطية لها علاقة بتسهيل و تبسيط العمل ا لرياضي وانه من المستحيل ان تفرض علينا اية تجربة حسية اختيارا لبعض المسلمات الرياضية او الاوليات على انه الخيار الاوحد المطابق للواقع .في الحقيقة، لا يرى ديودنيه اي تعارض بين الحدس الرياضي والتجريد. على العكس يرى ان الاول يرتبط بالثاني من حيث تطوره وتقدمه اذ أنّه كلما ازدادت الاشياء تجريدا كلما كان الحدس ممكنا وقويا

 

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فلسفة الرياضيات..هو فضاء غير متعين ميدانيا مفتوح لكل أشكال التفكير الحرّ

14 octobre 2008

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لا يعني مصطلح فلسفة الرياضيات ضربا من التفكير التخصّصي لا يشمل سوى ميدان الرياضيات من حيث هي ممارسة حساب وحل معادلات وبرهنة على نتائج رياضية محضة…او من حيث هي تندرج في سياق تاريخ العلوم عبر تاريخ ظهور وتطور النظريات الحسابية والهندسية في الثقافات الانسانية بدءا بالبابليين والمصريين و وصولا الى اليونانيين..فلسفة الرياضيات ترمي الى هدف اعمق من ذلك بكثير الا وهو خلق وفتح فضاء حر للتفكير الفلسفي وذلك من خلال استخراج كل المساليات   المتصلة بخصائص النظريات والموضوعات الرياضية والتي تفتح على خصوصيات نقدية وعقلانية في سياق المنظومات والاطروحات الفلسفية بصورة عامة

 فلسفة الرياضيات هي فضاء يلتقي فيه المفكر بالعالم والفيلسوف بالرياضي لتبادل وجهات نظرتهم وخبرتهم بصورة عامة حول مسائل متعدّدة تمس نظرية المعرفة والمنطق والانطولوجيا…التفكير في هاته المسائل من خلال دراسة المعرفة الرياضية يجعلنا نفهم بمنهجية افضل صياغاتها الفلسفية فنحسن طرحها ومحاولة الاجابة عليها… يقع الصدق في قلب الرياضيات. ان تكون الجمل الرياضية صادقة هو امر ضروري حتى وان كان هذا المفهوم مرتبط بقدرتنا على اعطاء براهين وحجج عقلانية ومنطقية. تعلمنا اذن الرياضيات كيف ان الحقيقة و الصدق هي مفاهيم يجب ان تظل في قلب بحثنا عن المعرفة وفي جوهر عقلانيتنا وانسانيتنا. بدون الحقيقة ينهار بناء المعرفة وتتهاوى اسسه…صدق القضايا الرياضية هو الطريق الواثق الموصل الى موضوعية الرياضيات كشكل من التفكيرالعلمي او ربما كجوهر كل خطاب علمي

بالاضافة الى الدور الكبير الذي يلعبه مفهوم الصدق فان الرياضيات ليست مجرد نظام او نسق رمزي محض صوري مجرد من كل محتوى معرفي ومن كل مضمون وجودي..هنالك في قلب الرياضيات شكل متميز من التفكير يوصلنا بعيدا عن التفكير الريبي والنسبي المقيت الى معرفة بنية العالم معرفة موضوعية …الرياضيات تمنحنا مضامين يقينية عن الظواهر وعن ا لواقع فهي ليست بالتالي ضربا من الرمزية التي لا تقول شيئا عن العالم مثلما ادّعى ذلك فيتغنشتاين   

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Théme de la semaine : les mathématiques et la technique! discuter le point de vue de Jean C. Baudet !

13 octobre 2008

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Le beau livre de Jean C. Baudet Mathématique et Vérité (L’harmattan 2005) tire la conclusion que je cite et qu’il s’agit cette semaine d’analyser et de discuter entre visiteurs de ce Blog.

 » C’est par la technique …que l’homme a découvert les nombres, les figures, et la plupart des objets mathématiques. Même les notions si abstraites de différentielle et de dérivée, l’histoire des sciences nous l’apprend, trouve son origine, non pas dans les abstractions des mathématiciens, mais dans l’idée de vitesse, une idée élaborée par les ingénieurs de la Renaissance (dont surtout Galillée). C’est par l’efficacité de la technique que le discours mathématique se révèle cohérent et fiable. »

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La modélisation, expliquée par Angèle Kremer-Marietti.

8 octobre 2008

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     » Modéliser, ou faire une modélisation, c’est à partir d’un modèle trouver les expressions mathématiques qui représentent schématiquement et analogiquement un processus phénoménal.

La phase de choix d’une modélisation est à proprement parler une mathématisation. Mais la modélisation n’est pas la simple traduction des données d’une discipline en un autre langage. Elle requiert les mathématiques pour figer le modèle en ce sens qu’on ne puisse plus subrepticement faire appel à des propriétés qui seraient ajoutées au modèle ainis pris comme point de vue. Les mathématiques sont alors un outils épistémologique.

Deux mouvements sont possibles. Ou bien, on peut aller de la modélisation adoptée sur le modèle vers le réel, avec des moyens prédictifs, mathématiques et calculatoires, permettant d’anticiper des événements ou des situations, comme prévoir le moment de retour d’une comète, mais aussi le temps météorologiques, évaluer le comportement des actifs financiers, prévoir le développement des épidémies, ou le déroulement d’une catastrophe comme un ouragon. Des varibales connues, « explicatives », sont utilisées pour déterminer des variables inconnues, dites « à expliquer » : en ce cas, le réel confirme le point de vue du modèle selon la forme qu’a adoptée la modélisation. Ou bien, on peu aller du réel vers la modélisation puis vers le modèle, à partir de moyens descriptifs, ce qui permet de repésenter des données historiques rendant compte d’une masse d’informations. « 

L’Epistémologie   état des lieux et positions, p. 11-12

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