Contre Quine, Chomsky rejette la thèse qui considère le langage et son acquisition comme les produits d’un apprentissage au sens behavioriste du terme. Fort de sa théorie de la grammaire générative qui a marqué un tournant décisif dans le domaine de la linguistique, Chomsky défend, contre Piaget, le caractère inné d’une telle acquisition par l’enfant qi advient au coeur de sa conception cognitiviste. Pour sa part, Piaget soutient ce que nous pouvons appeler une conception constructiviste en psycholinguistique, où il s’agit de se positionner entre le behaviorisme de Quine et l’innéisme de Chomsky. Ce débat Chomsky-Piaget est riche de significations philosophiques, et ouvre sur des questions fondamentales concernant les rapports entre langage, esprit, intelligence, connaissance, etc. Ce débat a bien eu lieu lors d’une rencontre historique en 1975 entre Chomsky et Piaget à Royaumont (France).
En vérité, Quine-Chomsky-Piaget, incarnent trois axes selon lesquels nous pouvons aborder la question du langage et la nature de ses rapports à la pensée. L’axe logique, linguistique, et psychologique. Chez Quine, il y a une prééminence du logique sur les deux autres, mais la solution qu’il donne n’est pas strictement logique. Elle s’insére dans le cadre général de la philosophie de Quine que nous pouvons définir comme étant en définitive un type de rationalité pragmatique. Bien que la description quinéenne de la nature publique du langage et de son acquisition par l’enfant soit au service d’une approche du langage qui vise à en extraire une structure propice à une notation canonique dans laquelle nous pouvons exprimer nos théories scientifiques, l’approche de Quine est philosophique. Les réponses qu’il donne s’inspirent de ses choix philosophiques avant tout.














27 octobre 2008
5 commentaires